01 novembre 2009
Du Sud au Nord / 4 et fin.
Gao, c'est une ville-porte sur le désert. Ici, les Touaregs (que les maliens nomment Tamacheks, du nom de leur langue), plutôt clairs de peau, côtoient les Songhaï, qui eux sont noirs et descendants du dernier grand empire d'Afrique Occidentale.
Les relations sont parfois tendues, surtout lorsque la rébellion Touareg s'est déclarée il y a quelques années. Néanmoins, les artisans Touaregs, hommes comme femmes, réalisent des choses sublimes, avec presque rien. Comme les femmes Touaregs ont une peur superstitieuse de l'or, les artisans se sont concentrés vers les réalisations en argent. Les objets en cuir repoussé sont également une de leurs spécialités.
Artisan Touareg en train de fabriquer une boîte.
Un autre artisan façonne une pièce de métal qui deviendra une lame de couteau ! Remarquez l'enclume ! C'est un élément de transmission de moteur de véhicule ! (je crois, je ne suis pas mécanicien !)
Un autre lime des morceaux d'ébène incrustés de cuivre et d'argent afin d'en faire des porte-clefs.
Par la suite, de retour en ville, en ballade sur le bord du fleuve avec l'ami d'un ami rencontré sur place (ceci est courant !) je tombe en arrêt devant un bâtiment un peu décrépit, un peu délabré. Je demande à mon guide improvisé ce que c'est. Il me réponds : "c'est l'ancien cinéma des français" ! Nous passons la porte, et voilà ce que je découvre :
Il reste des carcasses de fauteuils en haut, au milieu !
Et voilà l'écran ! Et oui, c'était un vrai cinéma en plein air !!! Maintenant, la structure sert d'entrepôt et abrite aussi une radio.
Et puisque nous sommes sur le bord du fleuve, voici quelques images des charpentiers navals locaux.
Charpentier en train de construire une pinasse.
Idem.
Au fait, comment pensez-vous que l'on achète du sel à Gao ? Et bien, comme ça :
Ceci est l'étal d'un vendeur de sel. Les plaques sur la table sont des plaques de sel gemme. Le sel est récolté dans les salines de Taoudeni (voyez la carte, dans le premier article ;-)) et est transporté de ce site à Tombouctou par l'Azalaï, qui est la grande caravane qui fait le voyage deux fois par an. Le texte qui suit est un emprunt à Wikipédia, article "Taoudeni" : "De nos jours on dénombre environ une centaine de travailleurs
exploitant le sel affleurant dans cette zone composée d'anciens fonds
marins. La plupart d'entre eux travaillent pour rembourser des dettes
contractées auprès des caravanes. Les « peines » vont de quelques mois
à plusieurs années et malgré des conditions de travail épouvantables
certains mineurs restent sur place et exploitent la mine pour nourrir
leur famille, tout en étant obligés de passer par les azalaï pour vendre le sel, azalaï qui n'hésitent pas à garder les profits
engendrés par les fluctuations du cours du sel et à faire payer les
voyages (environ trois plaques). Les conditions de vie des mineurs sont particulièrement éprouvantes
dans cet environnement hostile. Ils sont entièrement dépendants des
caravanes auxquelles ils troquent nourriture, eau, combustible… contre
du sel (un litre d'huile pour trois plaques de sel par exemple, alors
qu'un mineur doit extraire au moins 12 plaques
par jour pour rembourser ses dettes). Les mineurs travaillent sans
équipement de protection, souvent pieds nus, avec des outils
rudimentaires identiques à ceux employés depuis des siècles. Les
logements sont construits à l'aide de briques de terre sur place par
les mineurs." Une plaque pèse environ 25 kg !
Cela donne une saveur particulière aux aliments, de savoir ça ! Le sel de Taoudeni est réputé pour être le meilleur de tout le Sahara.
Puis, après tout cela, le retour vers Bamako. 1200 kms en 15 heures, d'une seule traite, avec seulement quelques petits arrêts pour des envies, comment dire... urgentes ;-)
Je reviendrai à Gao, avec Nadia cette fois, et je vous parlerai de tout ce que je n'ai pas pu ici, comme les alignements de cadavres d'animaux le long de la route, renversés par les camions qui ne s'arrêtent pas, et dont les carcasses pourrissent lentement ; sur l'état de la route, défoncée par les pluies et les gros porteurs, et où la moyenne ne dépasse pas 30 kilomètres à l'heure, sous peine de voir ses essieux se briser. Dans quelques jours, nous allons partir pour le pays Dogon. Nous vous ramènerons 2-3 petites vues de là-bas !
A bientôt !
Un petit bonus : Une vue panoramique de Gao prise d'en haut du tombeau des Askias.
Vue de Gao
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Commentaires
Snif, snif
C'est la fin du voyage, snif...C'était un beau reportage mais apparemment nous y retournerons bientôt??
Tu as rencontré pleins de gens, vu une multitude de paysages différents, et découvert des tas d'endroits et monuments magiques, quelle richesse...
Au plaisir
Merci pour le dépaysement. C'est bon de voir un peu de soleil en ce moment !
Instructif ton commentaire sur le sel. On pourrait parler du "sel de la vie".
Voyage, quand tu nous tiens...
Bonjour, tu m'as donné l'envie de visiter le Mali! Pourrais tu me donner des infos pratiques(hotels,locations voitures, guide ou pas?, j'ai trés envie de voir Bamako et ses habitants, merci de m'aider...A bientôt
Maiam
Ce reportage est -comme les précédents -plein d'humanité et de regards bienveillants .
J'ai l'impression d'être dans les bagages .
Un point commun avec le Maroc :les animaux sur le bas-côté des routes .Vaches , moutons et chiens .Ô combien de chiens ...
Merci pour ce texte et ces photos et pour le respect pour les artisans .
Bises
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